Facturer une prestation de service en freelance
Développeur, graphiste, consultant, rédacteur : la facturation de prestations intellectuelles a ses propres réflexes. Tarification, découpage de mission, frais refacturés et sécurisation des paiements.
Mis à jour : août 2026 — rédigé par l'équipe FactureTVA
TJM, forfait ou abonnement : quelle base facturer ?
Trois modèles coexistent, et le choix se fait mission par mission.
- Le taux journalier moyen (TJM) convient aux missions dont le périmètre bouge : régie, accompagnement, conseil. La facture liste le nombre de jours réalisés et le taux unitaire. Prévoyez de facturer les demi-journées pour éviter les discussions.
- Le forfait s'impose quand le livrable est clairement défini : un site, une identité visuelle, un audit. Le risque de dépassement est pour vous ; il se compense par une marge et un périmètre écrit très précis.
- L'abonnement mensuel lisse la trésorerie : maintenance, production récurrente de contenu, disponibilité garantie. C'est le modèle qui transforme un freelance en activité prévisible.
Construire un TJM qui tient
L'erreur classique consiste à diviser un salaire souhaité par 220 jours ouvrés. En réalité, un freelance facture rarement plus de 150 à 180 jourspar an : le reste part en prospection, administratif, formation, congés et périodes creuses. Ajoutez ensuite les charges sociales, l'impôt, l'assurance professionnelle, les outils, la mutuelle et la prévoyance. Un revenu net visé de 3 000 € par mois correspond généralement à un TJM situé entre 450 et 600 € selon le statut et le secteur.
Découper une mission longue
Ne facturez jamais une mission de trois mois en une seule fois à la fin. Le découpage standard sur un forfait est :
- 30 % à la commande, facture d'acompte à la signature du devis.
- 40 % à mi-parcours, adossés à une étape livrée et validée.
- 30 % à la livraison, facture de solde.
Chaque acompte fait l'objet d'une facture à part entière, numérotée dans la séquence. La facture de solde rappelle les acomptes déjà réglés et n'affiche que le reste à payer.
Décrire la prestation correctement
« Prestation de services — 4 500 € » est une ligne indéfendable en cas de litige et suspecte en cas de contrôle. Détaillez :
- La nature exacte de la prestation et la période concernée.
- Le nombre d'unités : jours, heures, pages, écrans, articles.
- Le prix unitaire hors taxes.
- La référence du devis ou du bon de commande accepté.
Cette granularité protège aussi votre client, dont le comptable doit pouvoir rattacher la dépense à une contrepartie identifiable.
Refacturer des frais
Deux traitements très différents, à ne pas confondre :
- Les frais refacturés (déplacement, hébergement, achat d'une licence pour le projet) que vous avez engagés en votre nom : ils constituent un élément de votre prix, s'ajoutent au montant HT et supportent la TVA au taux de votre prestation principale.
- Les débours, engagés au nom et pour le compte du client, sur la base d'un mandat écrit : ils sont refacturés à l'euro près, hors du champ de la TVA, sur présentation des justificatifs originaux.
Le cas des plateformes et de la sous-traitance
Si vous passez par une plateforme de mise en relation, vérifiez qui émet la facture : dans certains modèles, la plateforme facture le client final et vous adresse une auto-facturation. Vous restez responsable de la conformité du document émis en votre nom. Conservez les relevés de la plateforme comme justificatifs annexes.
En sous-traitance pour une agence, la relation contractuelle vous lie à l'agence, pas au client final. Facturez l'agence, mentionnez la référence du projet, et gardez à l'esprit que le délai de paiement maximal de 60 jours s'applique aussi.
Propriété intellectuelle : la mention qui change tout
Pour les créations protégées — code, design, texte, photo — la cession de droits n'est jamais automatique. Elle doit être écrite, en précisant les droits cédés (reproduction, représentation, adaptation), l'étendue géographique, la durée et les supports. Faites figurer sur la facture une mention du type : « La cession des droits d'exploitation est effective au complet paiement de la présente facture. » C'est un levier de recouvrement redoutablement efficace.
Sécuriser vos encaissements
- Facturez le jour même de la livraison, pas en fin de mois.
- Indiquez une date d'échéance précise, pas « à 30 jours ».
- Faites figurer l'IBAN en évidence et proposez plusieurs moyens de paiement.
- Relancez dès J+1, poliment et automatiquement.
- Refusez de démarrer une nouvelle mission tant qu'une facture reste impayée.
Le rythme administratif du freelance
Bloquez une heure par semaine, toujours le même jour : émission des factures de la semaine, relance des impayés, classement des justificatifs d'achat, pointage du compte bancaire. Cette routine d'une heure évite les week-ends perdus à la clôture et vous donne, à tout moment, une vision juste de votre trésorerie.
Créez votre facture conforme en 30 secondes
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